Capitalisme mafieux Les réseaux criminels ont désormais un rôle majeur dans l'économie mondiale. C'est ce que démontre Jean-François Gayraud, ancien cadre du contre-espionnage. Las redes criminales tienen en lo sucesivo un papel superior en la economía mundial. Es lo que demuestra Juan-Francisco Gayraud, ex alto cargo del contraespionaje.
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Des banques "accros"
Le lien entre crises financières et criminalité est au cœur de ce Nouveau Capitalisme criminel qui invite également le lecteur au chevet du Mexique, où le fameux effet tequila (une prospérité fictive) ne serait en réalité qu'un effet cocaïne, de l'Espagne, où l'argent de la drogue aurait contribué plus qu'on ne le pense à la bulle immobilière, puis de la Colombie, où l'on s'aperçoit que les banques sont plus narcodépendantes qu'un simple héroïnomane. «Le monde se balkanise», observe Gayraud, qui pointe la multiplication de ces Etats «gangsters friendly» qui carburent à la fraude fiscale.
Pour cet ancien cadre du contre-espionnage français, patient observateur de la planète Finance, la lutte contre le blanchiment et l'argent sale est un échec «absolu autant que pathétique». Avec dans le rôle de l'ogre insatiable les banques elles-mêmes, anglo-saxonnes, russes, brésiliennes, chinoises, vénézuéliennes..., servies par un outil révolutionnaire dont le commun des mortels ferait bien de connaître le fonctionnement : le trading de haute fréquence, fruit de l'innovation technologique et de la grande et moderne dérégulation. Une révolution «criminogène», tranche l'auteur, pour qui un système qui permet une telle accumulation de transactions en un temps aussi restreint rime forcément avec impunité. «L'hypervitesse rend les fraudes indétectables, dit-il. Si on les voit, on ne parviendra plus à les démontrer. On a créé un espace d'invisibilité absolue pour la fraude. On a institutionnalisé la spéculation la plus criminelle et le délit d'initié.» Le tout sous les yeux d'une élite administrative et politique «dépassée par la modernité», tandis que les cols blancs ne se rendent même pas compte qu'ils sont passés dans le camp des voyous...
Evitant l'écueil d'une vision complotiste, le commissaire Gayraud n'en livre pas moins une charge lourde contre ces grandes banques «qui ont fait de la fraude leur business model». Etablissements bien aidés il est vrai par des régulateurs en peau de lapin, «aveugles» ou impuissants, eux qu'il compare à une flottille de canots de sauvetage assemblée autour du Titanic en plein naufrage. Aidés également par un droit des affaires qui de trust en fiducie favorise l'anonymat du capital... De quoi laisser le champ libre à une «finance globalisée à la recherche de la toute-puissance». Une finance «hors sol» qui se serait détachée des Etats au point de menacer, c'est la thèse de Gayraud, le système démocratique lui-même.
Le Nouveau Capitalisme criminel, de Jean-François Gayraud